У Алжыры год затрымання журналіста Іхсана Эль Кадзі

У Алжыры год затрымання журналіста Іхсана Эль Кадзі

C’était il y a un an. Dans la nuit du 24 décembre 2022, le patron de presse Ihsane El Kadi était interpellé, et les locaux de son agence, qui abritaient Radio M et le site d’information Maghreb Émergent, parmi les derniers médias libres du pays, étaient placés sous scellés. Dans quelques jours, il vivra un nouveau Noël sous les verrous, pendant qu’Абдэльмаджыд Тэбун prononcera sa traditionnelle allocution du 25 décembre. Ce même président qui avait accusé le journaliste de 64 ans, à la télévision nationale, le 24 février dernier, d’être un khabardji, c’est-à-dire un « indic » à la solde de puissances étrangères. Un verdict politique que les tribunaux ont ensuite confirmé les uns après les autres, jusqu’à un arrêt de la Cour suprême le 12 octobre.

Privé d’avocats

Incarcéré à la prison d’El-Harrach en banlieue d’Alger, Ihsane El Kadi doit encore purger quatre ans ferme pour « perception de fonds de l’étranger ». À moins que son principal accusateur décide de le gracier. « Il a perdu du poids, mais le moral reste solide. Le plus dur pour lui est de ne plus recevoir la visite des avocats qui lui donnaient des nouvelles de l’extérieur », indique un proche. Le journaliste était assisté d’une quinzaine de défenseurs, tant que tous les recours n’étaient pas épuisés. Il n’a plus droit qu’à une visite familiale toutes les deux semaines. Son entourage réfléchit à une manière d’ouvrir une autre affaire pour que ses avocats accèdent de nouveau au parloir.

L 'Algérie figure à la 136e place sur 180 pays au classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières (RSF) en 2023. D’ici à la fin de l’année, la branche algérienne de RSF a prévu de publier un texte demandant au chef de l’État de tourner la page. Tout un contexte pourrait l’y amener, à commencer par l’élection présidentielle de décembre 2024, et dont le bruit court qu’elle pourrait être avancée en avril. Abdelmadjid Tebboune prépare sa candidature. Un geste envers les détenus d’opinion – ils seraient autour de 300 – contribuerait à un climat de paix avant le scrutin.

L’Algérie observée au sujet du respect des droits humains

L’Algérie sera par ailleurs sous les projecteurs internationaux en 2024. Outre une visite en France du président Tebboune qui doit être reprogrammée, Alger va rejoindre le Conseil de sécurité de l’ONU en tant que membre non permanent pour deux ans. Une occasion de se remettre de l’affront de ne pas avoir été retenue pour entrer dans les Brics, club de pays émergents, à la différence de l’Égypte qui l’intégrera au 1er janvier.

La visite en Algérie, du 26 novembre au 5 décembre, de Mary Lawlor, rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation des défenseurs des droits humains, a été l’occasion de faire passer des messages. L’Irlandaise n’a pas été autorisée à rencontrer Ihsane El Kadi en prison, au motif que son jugement était définitif. Mais avant de partir, elle a rappelé, lors de son point presse, que l’article 95 bis introduit en 2020 dans le code pénal sur les atteintes à la sécurité de l’État – celui qui a condamné le journaliste – allait « à l’encontre de la déclaration de l’ONU sur les droits de l’homme ».

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